Gagner de l’argent en déplaçant les fêtes
Méfiez-vous des supermarchés qui proposent d’étaler les dépenses (pourvu qu’elles soient importantes) jusqu’en février. Les “fêtes” sont une telle épreuve qu’elles devraient être débaptisées.
Donc stop ! Pourquoi ne pas faire comme les riches et envisager de manger des bonnes choses… toute l’année… ou du moins à d’autres moments de l’année ? Finalement les denrées chères que l’on croit obligatoires sont très surfaites : les chocolats et les escargots font grossir et donnent mal au foie, le foie gras provient d’animaux gavés selon des procédés que la morale réprouve, les vins, qu’ils soient chers ou pas, endorment et donnent la nausée, le saumon fumé est peint selon les goûts (présumés ou forcés) des habitants du pays, et vous aimez la dinde, vous ? Quant à la bûche de Noël, franchement…
Je propose donc tout simplement de programmer une grande bouffe pour plus tard : à l’occasion d’un anniversaire, d’une fête, d’une réunion entre amis, et d’ailleurs, pourquoi pas, d’en partager les frais pour qu’ils ne soient pas trop douloureux pour celui qui reçoit.
Quant aux cadeaux, réfléchissez. Vous avez déjà commencé à les acheter en novembre. Mais le coût du cadeau doit-il forcément refléter la quantité d’amour que vous éprouvez pour la personne à qui vous offrez ? Si oui, n’offrez déjà rien à ceux que vous n’aimez pas. Si non, sachez que la personne aimante comprendra votre démarche si vous vous contentez d’un message d’affection et si vous expliquez que votre bien-être de toute l’année dépend de ne pas trop dépenser pour Noël.
Les enfants attendent leurs cadeaux. Soit. Mais ce serait une façon de les responsabiliser que de répartir leurs dépenses de grande consommation sur toute l’année, comme une sorte d’argent de poche, et de leur donner la joie de le gagner en participant aux tâches quotidiennes.
Déboulonnons les Père Noëls, y compris ceux de la Française des jeux, arrêtons les mièvreries qui n’amusent plus personne, mangeons moins pour vivre plus longtemps, résistons aux grandes surfaces, aux mirages de la consommation et du surendettement. Faisons taire la souffrance de la frustration.
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